Vie quotidienne - Frontaliers

    Tribune : Covid-19 - "Pour que la vie continue…"

    « Pour que la vie continue, il ne faut pas qu'elle s'arrête », a dit Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, le 29 décembre 2021 à l'Assemblée nationale. Les nouvelles mesures annoncées pour lutter contre la flambée épidémique en cours visent à garantir la continuité de la vie du pays et ce n'est pas rien. Continuer à vivre plutôt que de suspendre la vie, tel est le défi que nous devons relever ensemble, tous ensemble. Un défi dans lequel les petits jeux politiques, les ambitions nationales de quelques-uns n'ont pas leur place.

    La continuité du pays, cela signifie maintenir les écoles, les crèches, les garderies ouvertes, laisser l'accès aux loisirs, aux spectacles, au sport seul ou à plusieurs, aux fêtes, aux restaurants, aux bars, là où plusieurs de nos voisins européens les ont considérablement restreints parfois même interdits ; c'est aussi se déplacer librement en France, en Europe, partir en vacances, rendre visite à sa famille à l'autre bout de la France et c'est encore continuer à travailler, laisser nos usines ouvertes, nos services publics accessibles.

    Sans mesures de protection renforcées, le risque de désorganisation d'une partie de la société est réel, le ministre l'a souligné.

    Nous le savons maintenant, la protection passe par la vaccination complète avec ses rappels de tous les adultes et enfants de plus de 5 ans. Mais aussi par des mesures de freinage que sont les gestes barrière et la limitation des brassages de population partout où existe une possibilité de contact prolongé.

    Si toute la population était vaccinée, le virus circulerait moins, moins vite, moins fort, moins dangereusement.

    Un mot sur la vaccination, pour tous ceux qui doutent encore de son efficacité. Aujourd'hui en France, 91% des plus de 12 ans sont vaccinés et 9% ne le sont pas. Si le vaccin n'avait aucune efficacité comme certains le prétendent, alors cette répartition 91% - 9% devrait être exactement la même dans les services hospitaliers qui soignent le Covid et notamment en service de soins critiques. Or, on observe à Paris par exemple, 30% de vaccinés et 70% de non vaccinés. Preuve est dans ces chiffres que les non vaccinés sont extrêmement vulnérables aux formes graves de Covid.

    Un autre mot encore pour bien comprendre la contagiosité : celle-ci dépend de la quantité de virus que porte une personne infectée (on appelle cela la charge virale). Les faits sont là : une personne vaccinée infectée a une charge virale beaucoup plus faible qu'une personne non vaccinée : elle est donc moins contagieuse. C'est ce mécanisme qui explique que le virus circule moins vite (nous disons bien "moins vite", nous ne disons pas qu'il est stoppé!) dans une population de personnes vaccinées. Ainsi, si toute la population était vaccinée, le virus circulerait moins, moins vite, moins fort, moins dangereusement.

    S'agissant du variant Omicron ultra-contagieux du virus, nous devons être conscients qu'il profite de tout interstice pour se propager. Aujourd'hui les interstices sont les personnes non vaccinées ou peu vaccinées ou pas complètement vaccinées et celles qui ont une faiblesse de leur système immunitaire. Mais les interstices sont aussi ces moments où nous sommes très nombreux dans un lieu fermé, où le masque tombe, où l'euphorie d'une fête nous laisse aller à de longues embrassades, où la fraîcheur de l'hiver nous rend hésitants pour aérer nos pièces.

    Ce projet de loi a pour objet de réduire le nombre d'interstices dans lesquels le virus peut se glisser, afin de s'adapter à ses nouvelles caractéristiques de propagation et de sévérité.

    Pour l'immense majorité d'entre nous, cela ne changera rien : nous sommes déjà vaccinés, nous avons fait ou allons faire notre rappel, nos enfants de plus de 12 ans sont vaccinés, nous sommes en train de faire vacciner nos enfants entre 5 et 11 ans, nous respectons scrupuleusement les gestes barrières, nous portons un masque de préférence chirurgical, et nous le changeons régulièrement, nous le portons déjà dans tous les magasins, dans tous les lieux recevant du public, dans les transports en commun, pour aller voir nos proches très âgés, nous le portons dehors aussi, surtout s'il y a beaucoup de monde comme le sont un marché ouvert ou une rue piétonne par exemple, nous lavons nos mains très souvent, nous complétons par du gel hydroalcoolique, nous maintenons une distance d'au moins 1 mètre dans une file d'attente.

    Mais pour les 9% non ou pas assez vaccinés, pour les quelques pourcents qui sont moins vigilants sur les gestes barrières, pour ceux qui contournent la loi et fabriquent de faux certificats de vaccination et pour ceux qui les utilisent, ce projet de loi et les mesures annoncées vont changer la donne : sans vaccination complète, des activités du quotidien leur seront interdites, les fraudeurs seront plus lourdement sanctionnés, les responsables de lieux recevant du public seront autorisés à vérifier la cohérence entre le passe vaccinal présenté et une pièce d'identité (il ne s'agit pas de contrôle d'identité mais de vérification de concordance documentaire, la nuance juridique est essentielle).

    Changer la donne de quelques-uns pour assurer la continuité de la vie de tout le pays, telle est notre ambition, voilà ce que nous devons à tous nos personnels soignants admirables d'engagement, à tous les malades déprogrammés, en attente d'un traitement, à notre jeunesse qui a soif de rencontres, à nos élèves et étudiants qui ont soif d'apprendre, à nos commerçants, artisans, entrepreneurs, responsables d'entreprises qui veulent poursuivre leurs activités, à nos salariés et indépendants qui veulent pouvoir travailler, à nos artistes, acteurs, musiciens, professionnels du spectacle vivant qui ont à cœur de nous donner le meilleur d'eux-mêmes pour nous divertir, à nos policiers, gendarmes, militaires qui veulent pouvoir assurer notre sécurité et à toutes celles et tous ceux qui contribuent à l'activité, au dynamisme, à la richesse de notre nation.

    Continuer à vivre : qui pour le refuser ?

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