Enjeux internationaux

    La France n’oublie pas le Haut-Karabakh

    Depuis le 27 septembre dernier, une crise majeure est en cours dans la région du Haut-Karabakh. Cette région, composée d’une population majoritairement arménienne mais rattachée à l’Azerbaïdjan, est le théâtre d’un conflit, depuis des décennies, entre des forces locales, soutenues par l’Arménie, qui revendiquent l’autonomie de la province, et les troupes de l’Azerbaïdjan qui souhaitent garder la main sur cette partie du monde.

    Les tensions sont anciennes, donc, et constituent l’un de ces théâtres de confrontation internationale héritée de la dislocation de l’URSS. Particulièrement violente, la crise actuelle aurait déjà provoqué la mort de plus de 600 personnes, dont 73 civils, selon des bilans partiels.

    Le Président Macron est co-président du groupe de Minsk de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), chargé d’une médiation dans ce conflit. C’est en cette qualité qu’il a très tôt pris ses responsabilités pour éviter une possible internationalisation du conflit, notamment du fait du soutien ardent de la Turquie envers l’Azerbaïdjan. Au nom de la France, il a demandé au gouvernement turc des explications sur une éventuelle implication militaire dans les événements en cours, mais a aussi estimé qu’une ligne rouge était franchie en appelant l’ensemble des partenaires de l’OTAN à regarder la situation en face.

    De son côté, le Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a réitéré des appels à la cessation des hostilités, sans délai et sans préconditions. Il a souligné la détermination de la France à jouer tout son rôle, de manière impartiale, pour parvenir à ces objectifs et à la reprise des négociations. Les contacts réguliers entre France et ses interlocuteurs azerbaïdjanais et arméniens ont notamment permis l’évacuation sanitaire des deux journalistes du Monde, blessés dans le Haut-Karabakh.

    Rendre voix à la diplomatie : c’est l’objectif que s’est fixé notre pays pour parvenir à une cessation durable des hostilités et à un règlement pacifique des conflits. Cette solution est la seule souhaitable, à la fois pour des civils pris entre deux feux, l’équilibre de la région, ainsi que le maintien de la paix internationale. Nous ne savons que trop à quel point des braises localisées peuvent être que le prélude à un embrasement global.

    La Commission des Affaires étrangères, que je co-préside, se tient bien entendu aux côtés de la diplomatie française dans la voie qu’elle emprunte de manière active et forte concernant la situation du Haut-Karabakh. À celles et ceux que ce conflit inquiète particulièrement ou dont les proches se retrouvent prisonniers de combats incessants, je veux dire que la France se tient à leur côté et que sa diplomatie est force de proposition, d’alerte et d’action sur ce sujet majeur de la politique internationale.