La députée décrypte : le chômage en France

    Libérer le travail et permettre qu’il paie mieux figuraient au cœur du projet présidentiel de 2017. Près de cinq ans après, le taux de chômage est revenu à son plus bas niveau depuis quinze ans, malgré le contexte épidémique. Retour sur une méthode.

    La société française s’était habituée au chômage de masse. Un mal français, disait-on, qui plaçait notre économie dans une situation atypique : le nombre de demandeurs d’emploi se maintenait ou s’amplifiait, indépendamment des cycles économiques. Une difficulté structurelle, donc, que les économistes qualifient de « rigidité du marché du travail ».

    Le projet politique porté par la majorité présidentielle rejette toute fatalité, mais refuse également toute facilité. C’est pourquoi il était nécessaire d’activer conjointement plusieurs leviers :

    • la fiche de salaire d’abord : suppression des cotisations chômage et maladie payées par le salarié, heures supplémentaires et primes exceptionnelles exonérées d’impôt et de cotisations sociales, hausse de 100 euros de la prime d’activité au niveau du SMIC. Ces mesures sont articulées à une baisse massive d’impôts sur le revenu pour les ménages et à la suppression de la taxe d’habitation. Premier message passé : le travail paie plus.
    • l’envie d’entreprendre et la capacité d’investir ensuite : avec la loi Pacte, la simplification de l’action publique et du droit des sociétés, ainsi que l’encadrement de l’activité professionnelle indépendante, nous avons sécurisé la création d’entreprise et favorisé l’investissement dans l’entreprise. Avec 848 000 créations en 2020, tous les records ont été battus, malgré le contexte sanitaire. Cette politique s’appuie sur les aides à l’investissement industriel et numérique de France Relance et s’accompagne de dispositions fiscales adaptées : baisse de l’impôt sur les sociétés, diminution des impôts locaux de production et modification de l’impôt sur la fortune au profit du réinvestissement dans l’économie.
    • la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle : un constat simple, notre système était grippé. Avec la loi de 2019 sur la liberté de choisir son avenir professionnel, nous avons fait confiance aux branches professionnelles pour mettre en œuvre directement les actions qu’elles préconisaient. L’idée était de sortir d’un fonctionnement administratif pour entrer dans des logiques plus opérationnelles. Le résultat est sans appel : plus de 500 000 contrats d’apprentissage signés, soit une augmentation de plus de 40 %. Ces mesures ont été assorties d’aides économiques à l’accueil et à l’encadrement des apprentis très incitatives.
    • des mesures ciblées sur les chômeurs de longue durée et les jeunes : plus de 200 000 bénéficiaires de la garantie-jeunes, support à un contrat d’engagement jeune qui bénéficiera à 400 000 personnes, extension du dispositif « zéro chômeur de longue durée », mise en place de contrats de professionnalisation qui leur sont dédiés : les dispositifs sont massifs pour agir encore plus efficacement sur les pics du chômage aux deux extrémités de la pyramide des âges. C’est majoritairement sur les entreprises que s’appuient ces dispositifs, contrairement aux nombreux contrats aidés dans les fonctions publiques qu’utilisaient les majorités précédentes. Un dispositif coûteux qui s’est révélé peu efficace.
    • réformer l’assurance-chômage enfin : désormais ouverte sous conditions aux demandeurs d’emploi et aux travailleurs indépendants, l’assurance-chômage n’est déclenchée qu’à compter de 6 mois de travail au cours des 24 derniers mois. Les indemnités sont dégressives pour les plus gros salaires et un système de bonus et de malus est appliqué sur les taux de cotisation des entreprises pour éviter le recours régulier à de très courts contrats. L’enjeu est de faire en sorte que le travail paie davantage que l’inactivité.

    Celles et ceux qui critiquent cette politique n’en prennent isolément qu’une mesure. Ce n’est pas le sujet. Force est de reconnaître que cette combinatoire, réel et concret dans les actes aujourd’hui, a largement produit ses effets, lesquels vont s’intensifier dans les années à venir. C’est une réponse aux pénuries de main-d’œuvre que la reprise économique occasionne et contre laquelle il faut être mobilisés, en utilisant tous les outils disponibles.

    Ces avancées ont dû être protégées tout au long de la crise sanitaire, avec la prise en charge de l’activité partielle, les prêts garantis pour les entreprises, le fonds de solidarité, les mesures sectorielles. Cette réactivité a permis d’éviter les faillites en chaîne et le chômage subséquent. Tous les acteurs économiques le reconnaissent.

    Aujourd’hui armés contre le chômage de masse, les graines sont plantées pour l’avenir. Ce n’est pas une politique contre les uns et les autres, c’est une politique au service d’un objectif que nous partageons tous : construire une société du plein-emploi, apte à générer les richesses dont notre système social a besoin pour se solidifier et perdurer.