En Arabie saoudite, la libération d’une militante féministe est un signe d’espoir pour les droits humains.

    C’est un événement qui peut sembler anodin, mais qui montre à quel point la mobilisation conjuguée des ONG et des citoyens peut permettre d’infléchir les décisions les plus iniques. Emprisonnée depuis mai 2018 en raison de son activisme sur les réseaux sociaux en faveur des droits de l’homme, la jeune militante féministe saoudienne Loujain Al-Hathloul a été libérée, cette semaine, après mille et un jours de prison.

    L’arrestation de cette icône de la lutte pour l’émancipation des Saoudiennes et pour le respect des droits humains, de façon plus générale, avait été au cœur du tournant répressif de la monarchie saoudienne, incarné par le prince héritier Mohammed Ben Salman.

    Le militantisme de Loujain Al-Hathloul, particulièrement incisif dans un pays où les femmes n’ont pas beaucoup de droits civils et politiques, avait notamment permis d’obtenir de Riad l’autorisation, pour les femmes, de passer leur permis de conduire.

    Pour Loujain Al-Hathloul et ses compagnes de cellules, ces nombreux mois de prison auront été ponctués d’actes de torture et de harcèlement sexuel, comme l’avaient révélées les associations de lutte en faveur des droits de l’homme.

    La libération de Loujain Al-Hathloul est une grande victoire pour les ONG et les nombreux citoyens qui, à travers le monde, se sont mobilisés contre son emprisonnement. C’est aussi un signal de détente envoyé par le pouvoir saoudien à la communauté internationale. Le président Macron a ainsi salué une libération qu’il avait publiquement souhaitée en 2019.

    Nul doute, pour les observateurs, que l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden a joué un rôle dans cette libération. En effet, à l’inverse de son prédécesseur, le nouveau président américain a annoncé sa ferme intention de ne rien laisser passer en ce qui concerne le non-respect des droits humains en Arabie saoudite. Dans ce combat, la France sera aux côtés des États-Unis.

    En mettant en avant cet événement, je voudrais d’abord saluer l’action coordonnée des associations humanitaires, des États et de la société civile. Cet exemple montre que maintenir la pression n’est jamais vain ; c’est, d’ailleurs, ce que j’ai voulu faire la semaine dernière en alertant sur la situation birmane et l’arrestation d’Aung San Suu Kyi.

    Cependant, la remise en liberté de cette militante ne doit occulter le fait que des centaines de prisonniers d’opinions dorment encore dans les geôles saoudiennes, et que la cause des femmes, en particulier, mais aussi des droits humains n’est pas une partie jouée d’avance dans le pays et dans la région.

    La France continue d’œuvrer aux côtés de tous les militants de la liberté et de l’émancipation à travers le monde. Avec beaucoup d’autres pays, mais aussi avec de nombreuses actrices et de nombreux acteurs qui, fermement, sont les vigies du respect des droits humains dans le monde.