Les États-Unis de retour dans l’Accord de Paris : quel impact ?

    Dès sa prise de fonction, le nouveau président des États-Unis Joe Biden a annoncé que les États-Unis réintégraient l’accord de Paris sur le climat, plus d’un an après la sortie du pays décidée par le président Trump. Cette décision est d’autant plus heureuse qu’elle s’appuie sur le vote de millions d’Américains en faveur du programme de Joe Biden qui manifestait clairement de sa volonté d’engager son pays dans la lutte contre le réchauffement climatique avec, pour horizon, de contenir nettement l’élévation des températures globales en dessous des 2 °C, voire de 1,5 °C.

    Comme de nombreux pays dans le monde, les États-Unis voient déjà les ravages, sur leur sol, de la catastrophe climatique : mégafeux de forêt, inondations, ouragans… Ils sont aussi l’un des émetteurs nets de CO2 les plus importants du monde. En cela, leur réintégration de l’Accord de Paris et les actions citoyennes en faveur de celle-ci sont une grande nouvelle.

    La crise pandémique que nous vivons doit nous conduire à intensifier la lutte en faveur de la transition écologique. Comme l’a rappelé le président Macron, celle-ci est un vecteur d’emplois durables dans une économie décarbonée. Aujourd’hui, des États représentant ensemble environ 65 % des émissions mondiales de CO2 et 70 % de l’économie se sont engagés à parvenir à zéro émission nette ou à la neutralité carbone. Nous avons besoin de la mobilisation de tous les pays, et donc également des États-Unis, dans ce combat mondial. Il s’agit de montrer que la relance doit passer par des conditions écologiques afin d’entamer un développement à long terme.

    L’annonce des États-Unis de réintégrer l’accord de Paris va aussi permettre à de nombreux pays en développement d’accéder aux financements de projets ambitieux qui vont contribuer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. En effet, avec le départ des États-Unis, ce sont près d’1,5 milliards de dollars dont n’ont pas pu bénéficier les pays en développement au niveau du Fonds vert pour le climat.

    Souhaitons d’ailleurs que les États-Unis puissent revenir dans ce Fonds vert pour le climat que la France co-préside cette année avec le Mexique. Et, bien sûr, que le président Biden sera aux côtés de la France pour engager la bataille climatique au sein du G7 et du G20.

    Pour sortir des crises actuelles, le multilatéralisme et la diplomatie mondiale sont des solutions et même des exigences. Plus personne ne peut faire son chemin seul, tant les derniers mois nous ont montré à quel point nos écosystèmes, nos économies et nos sociétés étaient désormais interconnectés et dépendants les unes des autres. Dans ce combat, il est donc bienvenu que les États-Unis soient aux côtés de la France et de l’Union européenne.
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