Quel sens donner à cette journée de la laïcité ?

    L’anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 est marqué, chaque année, par une journée de la laïcité. Elle permet de valoriser ce principe républicain essentiel au sein des écoles, et différentes initiatives dans l’espace public et au sein des associations. C’est aussi, cette année, la date retenue pour adopter, en Conseil des ministres, le projet de loi visant à conforter les principes républicains, à la suite du discours du Président de la République, aux Mureaux le 2 octobre dernier, contre les séparatismes.

    La laïcité : un legs essentiel de notre histoire

    La laïcité garantit la liberté de conscience. De celle-ci découle la liberté de manifester ses croyances ou convictions dans le respect de l’ordre public. La laïcité implique la neutralité de l’Etat et impose l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou de conviction.

    Cette liberté de conscience de chaque individu est protégée indépendamment de ce qui fonde sa croyance : le principe d’égalité prévaut sur les intérêts particuliers, fussent-ils des dogmes religieux ou des doctrines athées.

    La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle n’est pas une opinion parmi d’autres, mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction, mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

    A cet égard, la loi de 1905 est une loi d’apaisement, qui répond à un contexte historique singulier qui met fin à de nombreuses tensions entre l’Etat et la religion catholique. Pour autant, sa portée est universelle : c’est la raison pour laquelle elle est inscrite dans la Constitution de 1946, puis dans celle de 1958.

    La laïcité : un principe républicain qui ne supporte pas la géométrie variable

    Le législateur, puis le constituant, ont construit un cadre de liberté, et non un cadre de contrainte. Ceux qui pensent que la laïcité nous enferme se trompent. Elle garantit notre liberté, mais aussi le bon fonctionnement de nos institutions soumises au principe de neutralité.

    Des voix s’élèvent, depuis de nombreuses années, pour assouplir certains principes qui constituent la laïcité. Mais elle est un tout. En l’affaiblissant, les équilibres qui la conditionnent se rompent et l’unité nationale vacille. Aussi, je ne crois pas qu’il faille chercher des adjectifs pour caractériser ou affadir la laïcité : elle n’a ni à être inclusive, progressive, tempérée ou encore adaptée. Elle est consubstantielle à la République française, qu’elle fonde et qu’elle caractérise.

    Pourquoi légiférer pour conforter les principes républicains ?

    Notre modèle républicain est confronté à une double menace. D’une part, il est combattu par certains, qui posent la prééminence du dogme religieux sur les principes républicains. Les manifestations en sont visibles, dans certaines écoles hors contrat ou dans certaines associations. La vision de la société n’est pas conforme aux lois et valeurs de la République. La complaisance au terrorisme est parfois établie.

    D’autre part, il peut être affaibli pour ceux qui n’en voient pas, ou plus, l’effectivité, notamment dans les territoires les plus relégués de notre République.

    Chaque élément doit être traité distinctement dans une loi qui rassemble et qui protège. C’est l’exercice parlementaire auquel nous allons nous prêter, sur la base des propositions établies par le Gouvernement.

    Plus que jamais, nous, citoyens, par la voix de nos représentants, devons préserver ce legs, refuser le relativisme et la prise de distance avec la République, et affirmer notre attachement à la laïcité.