Liberté d’expression : protégeons ce qui nous est le plus cher !

    Ne laissons pas un état d’esprit délétère s’emparer du débat public, en France.

    Au nom de convictions souvent louables et de luttes respectables, la liberté d’expression est entravée et les principes démocratiques sont bafoués. Lorsque des rédactions ou des locaux syndicaux sont envahis, lorsque des débats sont empêchés, lorsque l’intégrité des personnes est menacée, on met à mal des valeurs et des lois fondamentales qui garantissent la vie en société.

    Ce sont au nom de principes a priori positifs que des individus en viennent à harceler une jeune fille de seize ans qui n’a fait qu’user de sa liberté imprescriptible de conscience et d’expression – aussi radicale puisse-t-elle être - dans sa formulation.

    Renoncer à l’usage de la raison dans le débat public, outrepasser les règles de l’Etat de droit, c’est ouvrir une boîte de Pandore qui ne profitera qu’aux idées qui menacent le bien commun.

    La colère n’excuse pas tout – et encore moins d’empêcher l’expression de toutes et de tous, et en premier lieu de ses adversaires. Réduire la liberté de l’autre, c’est amoindrir sa propre liberté.

    J’ai la conviction profonde que le meilleur moyen de faire entendre son avis est de respecter d’abord l’avis adverse ; de ne prendre à partie que les idées et jamais les individus qui les expriment. Dans ce domaine comme dans d’autres, ce qui est excessif est insignifiant.

    Je forme le souhait que nous retrouvions tous la raison et que nous parvenions de nouveau à parler de nos désaccords, sans violence ni mépris de l’autre. C’est la condition du maintien d’un espace où la liberté de chacun est protégée dans le cadre républicain. Un espace où le doute, le dialogue et le compromis ne sont pas des preuves de faiblesse mais bien les signes d’une société mature et d’une démocratie puissante.

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