Égalité femmes et hommes

    La loi contre les violences sexuelles et sexistes adoptée.

    Le 1er aout 2018, après un accord avec le Sénat dans le cadre d’une commission mixte paritaire, l’Assemblée Nationale a adopté en lecture définitive le Projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

    Ce texte est la résultante de 824 ateliers départementaux menés dans le cadre du Tour de France de l’Egalité, rassemblant plus de 55 000 participants.

    La lutte contre les violences sexuelles et sexistes passe évidemment par une prise de conscience et par l’évolution des mentalités. C’est pourquoi le Gouvernement a pris plusieurs initiatives en lançant des campagnes de communication.

    Mais les réponses doivent également passer par des outils permettant une meilleure prévention et une sanction efficace de tels actes.

    Voici, par conséquent, ses principales mesures :

    • Allongement du délai de prescription de 20 à 30 ans pour les crimes commis sur mineurs (article 1) ;
    • Renforcement de la répression des viols et abus sexuels commis sur mineurs de 15 ans, notamment lorsqu’ils sont commis par des majeurs (article 2) : lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur, la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de la différence d’âge existant entre la victime et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur la victime, cette autorité de fait pouvant être caractérisée par une différence d’âge significative entre la victime mineure et l’auteur majeur. Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de quinze ans, la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes.
    • Améliorer la protection des mineurs en aggravant les peines en cas de non-assistance ou non- dénonciation d’actes de mauvais traitements, d’agressions ou d’atteintes sexuelles sur un mineur de moins de 15 ans (article 2 Bis C) ;
    • Evolution des circonstances aggravantes : par exemple, l’administration d’une substance afin d’altérer le discernement ou le contrôle de ses actes à une personne constitue une circonstance aggravante ; aggravation des peines encourues par les auteurs de crimes ou d’agression sexuelles lorsque celles-ci visent des personnes en détresse économique, et notamment les personnes sans domicile fixe (articles 2 bis AA et 2 bis EA ) ;
    • Extension de la notion de harcèlement sexuel ou moral à des actions non répétées mais menées de concert par un ensemble d’auteurs à l’encontre d’une même victime (« raids numériques ») (article 3) ;
    • Un amendement du groupe LaREM a complété les cas de circonstances aggravantes pour les délits de harcèlement sexuel et de harcèlement moral afin de répondre aux cas de « raids numériques » particulièrement utilisés dans le contexte de harcèlement scolaire (article 3) ;
    • Création d’une infraction d’outrage sexiste (article 4) ;
    • Création d’un nouveau de délit de « captation d’images impudiques » puni d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende (article 4 bis A) ;

    « Zoom » sur l’article 2

    L’article 2 modifie les dispositions concernant la répression des infractions sexuelles sur les mineurs :

    Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur, la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de la différence d’âge existant entre la victime et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur la victime, cette autorité de fait pouvant être caractérisée par une différence d’âge significative entre la victime mineure et l’auteur majeur.

    Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de quinze ans, la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes.

    Ainsi, le dispositif retenu protège tous les mineurs, avec une caractérisation de la contrainte désormais possible en cas de différence d’âge significative et, par ailleurs, la protection est renforcée concernant les mineurs de moins de 15 ans.

    Le caractère interprétatif de ces dispositions les rend d’application immédiate, même pour les faits commis avant l’entrée en vigueur de la loi.

    Par ailleurs, certaines situations de viol dans lesquelles l’acte de pénétration sexuelle imposé à la victime est commis sur la personne de l’auteur et non sur celle de la victime sont mieux réprimées.

    Enfin, hors le cas de viol ou de toute autre agression sexuelle, le fait, par un majeur, d’exercer une atteinte sexuelle sur un mineur de quinze ans est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.