Le site nosdeputes.fr mesure l’activité des députés au sein de l’Assemblée Nationale (sans prise en considération du travail en circonscription), en se fondant sur six indicateurs utiles à comprendre, pour ne pas tirer de conclusions hâtives.

    Le premier est le nombre de présences et d’interventions en commission. Je siège à celle des Affaires Étrangères, où j’ai été présente 45 fois et où je suis intervenue 22 fois, soit à près d’une réunion sur deux. Pourtant, cette commission se réunit moins que d’autres, amenées à étudier de plus nombreux projets de lois par exemple. Ce qui signifie que, même en faisant preuve d’assiduité et en contribuant largement aux échanges, je ne pourrai jamais « gagner de points » dans cette catégorie.

    Le deuxième est le nombre d’interventions dans l’hémicycle, distinguées entre « courtes » et « longues ». Or les députés de la majorité n’interviennent dans l’hémicycle qu’au regard de textes législatifs... étudiés par leur commission. La Commission des Affaires Étrangères est certes consultée pour des projets de traités qui nécessitent ratification, mais son activité législative est beaucoup plus restreinte que celle des Lois ou des Affaires Sociales, par exemple. Ici aussi, peu de chances de « faire des points », avec 7 interventions longues dans l’hémicycle.

    Le troisième est le dépôt d’amendements, avec une distinction entre ceux qui sont proposés, ceux qui sont signés et ceux qui sont adoptés. A l’instar de mes collègues de la majorité parlementaire, je dépose donc peu d’amendements sur des textes préparés par un gouvernement que je soutiens, ou en tout cas moins que celles et ceux qui lui sont opposés. Donc pas de point ici non plus...

    Le quatrième concerne le nombre de rapports écrits. Enfin une catégorie où je suis classée parmi les députés les plus actifs, avec deux rapports à mon actif concernant l’approbation ou la ratification d’engagements internationaux dans les domaines de la protection et de la sécurité civiles.

    Le cinquième concerne le nombre de propositions de lois écrites et / ou signées. Comme pour les amendements, c’est un exercice peu prisé par des députés de la majorité, sous cette législature comme sous les précédentes.

    Enfin, le sixième critère est le nombre de questions posées au gouvernement, pour lequel je suis classée parmi les députés les plus actifs avec 23 questions écrites et 2 questions orales.

    Les choses se compliquent lorsque la presse régionale ou nationale s’emparent de ces éléments, les pondèrent et effectuent des classements, ce que le site nosdeputes.fr se refuse à faire. Ainsi, dans une livraison récente du journal local, à force d’infographie et de podium, j’apprends par exemple qu’une proposition de loi est créditée de 100 points, un rapport est crédité de 200 points, une intervention vociférante dans l’hémicycle, dès lors qu’elle dépasse vingt mots, en vaut 100. Mais ce qui peut paraître plus surprenant et laisser dubitatif est qu’une question écrite n’est quant à elle créditée que d’un seul point.

    Alors, effectivement, je ne dépose pas d’amendements de rejet ou fantaisistes, je ne prononce pas de noms d’oiseaux dans l’hémicycle, je n’invente pas une nouvelle loi tous les matins. Mais je souhaite rassurer chacune et chacun s’ils en doutaient : je mène honorablement mon activité de députée, avec assiduité et ténacité, dans les domaines qui sont les miens et en lien très étroit avec le gouvernement, dans l’intérêt des citoyens que je représente.

    Outre une activité intense à vos côtés en circonscription, j’ai également investi d’autres espaces essentiels de l’Assemblée nationale, comme la Délégation aux Droits des Femmes, la Commission d’enquête sur la sécurité et la sûreté nucléaires, ou encore le groupe d’études sur les Travailleurs mobiles en Europe qui, en tant que Co-présidente, me permet de travailler sur les problématiques frontalières. Autant d’engagements qui ne rapportent aucun point dans les journaux, mais me permettent d’être utile au mandat que vous m’avez confié.